La vie de jeune adulte

« Quand je serais grande, je serais … Designer »

Vous vous demandez sûrement : « mais où est Champi dans l’histoire ? » Patience …. Il arrivera dans le chapitre 4 !

Le BAC en poche, l’ambition ne s’arrêtait pas là. Les études post bac m’attendaient en Design de Produits et mes parents et moi visions déjà les grandes écoles parisiennes (Boule, Duperré, Estienne, Olivier de Serres). Création de dossiers de candidature, book … rien n’y fait. Grande stressée et encore très timide à l’oral, les entretiens ne me permettaient pas d’avoir ma place : je bafouillais, j’étais mal à l’aise, je manquais cruellement de confiance en moi, les regards parfois très froids du jury jusqu’à leurs ricanements (c’est la vérité …) me faisaient perdre tous mes moyens. Paris n’était pas pour moi …. Et finalement ce n’était pas plus mal.

« C’est le Nooorrrrrrrrrdddddd »

Nous avions prévu un plan B dans mes souhaits post BAC : la province, et notamment la ville de ROUBAIX près de Lille. J’étais prise à l’ESAAT (Etablissement Supérieur d’Arts Appliqués et du Textile), loin du domicile parental : il fallait me trouver un logement au plus vite. Je me souviens avoir fait près de deux semaines de chambre d’hôtel formule 1 (qui a coûté très cher à mes parents …) avant qu’ils me trouvent un petit appartement à 800 mètres de l’établissement.  J’ai eu la chance d’avoir des parents qui pouvaient se permettre de me financer tout cela : location de l’appartement, courses, billets de TGV pour rentrer certains weekends, et même une surprise … Tooshy, (allias « Toutouille ») minette de 6 mois qui me tiendra compagnie dans mes débuts de vie solo.

Si vous avez déjà vu le film « Bienvenue chez les Ch’tis », vous devriez comprendre la phrase « Quand un étranger vient dans le Nord, il pleure deux fois : quand il arrive … et quand il repart ». Ce n’était donc pas qu’un dicton ! Les premiers jours seule, dans une ville (et même une région) que je ne connaissais pas, avec des gens que je ne connaissais pas … ont été bien tristes : je pleurais beaucoup les soirs, j’étais à plus de 300 kilomètres de la maison … et en plus, il pleuvait tout le temps. La blessure d’abandon refaisait surface : c’était trop tôt, je n’étais pas prête … (mais promis, je n’ai pas perdu mes orteils !) Mes camarades de Lycée m’enviaient d’avoir mon propre appartement et de pouvoir partir loin de mes parents … mais cette liberté et indépendance presque imposée du jour au lendemain ne me faisaient pas tellement rêver pour le moment.

Chaque semaine, j’étais pressée d’être Vendredi pour prendre le train avec Tooshy dans son panier, sage comme une image, blanche comme la neige avec sa tâche grise en forme de papillon sur sa tête, ma valise à la main et mon ordinateur sur le dos. Je prenais le métro direction Lille, et j’arrivais à l’Aéroport Charles de Gaulle où maman venait me récupérer en voiture. Je passais le weekend et repartait le Dimanche soir … un peu moins enthousiaste. Heureusement, après plusieurs semaines, je prenais mes marques et j’apprenais à construire cette nouvelle vie de jeune adulte de 18 ans. Parfois, je laissais même Tooshy chez mes parents car elle pouvait profiter du jardin et commençait à peser son poids ! Mes voisins Ch’tis, un couple de personnes âgées, étaient adorables et toujours là pour rigoler et me rendre service en cas de problème (j’ai d’ailleurs une grosse pensée pour cet homme, décédé depuis … <3 je ne l’oublierai jamais : « Papy Martini »)

« C’est lui, j’en suis sûre … »

Janvier 2019, je vois tous ces couples qui se forment dans ma section BTS Design de Produits depuis la rentrée de Septembre. Je suis hélas toujours célibataire et je n’ai jamais connu l’amour jusqu’ici, pas même au collège ni au lycée. A vrai dire, je n’étais pas prête non plus pour cela ! Je ne me trouvais pas assez désirable, féminine (même si mon style vestimentaire l’était), et puis je me sentais toujours un peu « vénéneuse » car cette acné ne partait toujours pas. Allais-je rester adolescente toute ma vie ?!!!!!

Février 2019, je m’inscris sur … MEETIC. Et oui, le célèbre Site de rencontre … Grande timide que j’étais, l’écran d’ordinateur me permettait de me dévoiler plus facilement. Quoiqu’on en dise, quoi qu’on en pense, ce fameux Meetic m’aura permis de dénicher la perle rare : Jérôme. Je ne vous cache pas avoir eu affaire à des hommes pas très clean au début, mais c’était le jeu et je connaissais les règles de prudence. Heureusement, Jérôme a été le seul et l’unique à avoir des discussions matures, intéressantes et intelligentes ! Mais aussi le seul qui a été honnête, respectueux et transparent d’emblée : pas de photo trafiquée, pas de faux semblant, pas de demandes déplacées et surtout … l’annonce de sa maladie qu’il a su m’expliquer avant même de programmer notre rencontre sur Lille. Un ch’timi courageux au grand cœur, sensible et attachant qui m’a conquise en l’espace de quelques jours …

Avec son accord, je vous laisse découvrir plus en détails sa maladie (qu’on peut classer parmi les « Maladies invisibles » même si elle n’est pas si invisible que ça)

Jérôme est atteint d’une maladie chronique dérivée de la Mucoviscidose (certainement une mutation génétique) qui s’appelle la Dilatation des Bronches (DDB). Elle n’est pas aussi grave que la muco, mais reste très invalidante au quotidien. Cette maladie aurait pu être évitée si son médecin s’en était rendu compte plus tôt lorsqu’il était petit …. Hélas, il était trop tard : il devra vivre avec toute sa vie. Elle engendre différents désagréments :

  • Jérôme a une capacité respiratoire de 70 %
  • Il a une saturation d’oxygène de 93 à 95 % au lieu de 100 % (taux d’oxygène dans le sang)
  • Ses poumons sont sans cesse encombrés de bactéries, qu’il doit éjecter par kiné respiratoire
  • Il a de l’asthme qui l’accompagne, dû à l’allergie
  • Il fait des sinusites chroniques
  • Il ne prend pas de poids mais il en perd
  • Il a déjà été hospitalisé en urgence pour pneumonies

Qui se ressemble … grandit ensemble

Sa maladie ne m’a pas fait peur lorsque je l’ai rencontré : il avait préféré m’en parler avant pour m’expliquer pourquoi il toussait sans arrêt, et devait pratiquer (seul ou avec un professionnel de santé) de la kiné respiratoire assez régulièrement. Sensibilisée aux handicaps depuis toute petite avec une cousine atteinte d’un polyhandicap, une tante malentendante et une marraine ayant la Sclérose en plaques, cela ne me fit pas reculer : je voyais bien au-delà de la maladie, car aucune maladie ou handicap ne doit définir ce que nous sommes !

Le 15 Mars 2009, à la gare de Lille Flandres : la rencontre tant attendue arriva enfin. Le coup de foudre … Je savais que ce serait lui pour toujours. En mars 2022, nous fêterons nos 13 ans !

Peu importe la maladie, peu importe l’apparence, au fond nous nous ressemblions : les mêmes blessures de rejet du passé nous rendraient plus forts que tout à l’avenir ! Le regard des autres, les jugements, et même le dégoût qu’on pouvait lire sur les visages, nous les connaissions par cœur et nous commencions doucement à en faire abstraction ensemble.

Cependant, nous ignorions encore ce qui nous attendait quelques années plus tard ….

Si tu le souhaites, raconte-moi en commentaire tes débuts de jeune adulte !

La suite au chapitre 4 ! Si tu ne veux rien rater de la suite de l’histoire, inscris-toi à la newsletter pour être averti lorsqu’un nouvel article de BLOG sera publié :


1 commentaire

Huret · 2 décembre 2021 à 19 h 35 min

Bonsoir , je me reconnaît tellement dans ton histoire, et puis quelle chance tu as ,les Ch’tis sont les meilleures (bon ok je suis ch’ti j avoue😁).
Merci pour ton témoignage , c est tellement dure pour des filles comme nous de nous mettre à nu ,de nous confier .
Merci Amandine pour ça❤️❤️

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