Blessures d’adolescence

Ahhhhhh l’adolescence ….. cette période réputée compliquée, rébellion … le regard des autres, le jugement, le phénomène de groupe, la recherche d’identité. Pour ma part, je n’ai jamais vraiment fait ma crise d’adolescence. J’étais (toujours) sage, calme, plutôt bonne élève avec quelques difficultés dans les matières scientifiques … mais qui faisait ce qu’elle pouvait toujours avec sérieux (et mes professeurs m’encourageaient). Quelle idée d’ailleurs de me retrouver avec un Professeur de Mathématiques aujourd’hui ! Je vous le présenterai dans le chapitre 3.

Je n’aimais pas tellement l’Histoire, ni le sport à vrai dire …. A part l’équitation que j’ai pratiqué durant une bonne 10aine d’années ! La complicité avec les animaux m’a toujours passionné. A la maison, nous avions des cochons d’inde, des chats, un lapin … j’ai toujours été soucieuse de leur bien-être, et ils m’ont aussi beaucoup accompagné dans mes moments « déprime ».

Les « vénéneux »

Le collège a été la période la plus difficile à vivre … on ne nous fait pas de cadeau. L’apparition de mon acné (très marquée sur mon visage encore aujourd’hui, à 31 ans, avec des cicatrices qui ne partiront peut-être jamais car j’ai sans doute eu le malheur de trop tripoter certains boutons !) fût, je crois, la chose la plus compliquée à gérer psychologiquement et émotionnellement (sans parler de la pose de mon appareil dentaire). « Tête de pizza ! », « Hey Calculatrice ! » , « T’as la varicelle ? », « ne la touche pas, tu vas être contaminé ! » mais aussi des remarques à répétition sur mon nom de famille (JACOB) : « t’es juive ? » comme si un simple nom déterminait ta religion … même si tu n’en avais pas en particulier (surtout à mon âge) ! Ils n’avaient pas idée de la douleur (et de la peur) que je pouvais ressentir dans mon cœur … Etre juive, était-ce encore dangereux dans leur esprit ? Même si je ne l’étais pas, le simple fait d’être vue comme telle me terrorisait …

En parallèle, je n’étais pas la seule à subir ces atrocités verbales : mes ami(e)s aussi, et les ami(e)s de mes ami(e)s, notamment la meilleure amie de ma sœur (porteuse de trisomie). Petit clin d’œil à toi si tu me lis <3J’avais comme l’impression que nous étions vénéneux, dangereux, « nocifs » … par rapport à notre apparence physique, nos handicaps, notre nom, notre personnalité ….

La blessure de rejet

Parenthèse [Ma blessure de rejet (et peut-être d’humiliation passagère) s’est malheureusement renforcée à cette période : si vous n’avez pas encore lu « Les 5 blessures qui nous empêchent d’être soi-même » de Lise Bourbeau, c’est le moment de vous lancer vers le chemin du développement personnel, de la compréhension de soi. C’est un livre que j’ai dévoré cette année en l’espace de deux soirs seulement, puis j’ai lu tous les autres … « Ecoute ton corps », « Stop au contrôle » et bien d’autres de cette auteur canadienne passionnante ! J’y reviendrai sans doute dans les chapitres suivants]

Fin de la parenthèse

Heureusement, au collège, j’avais bien choisi mes amis ! Ensemble, nous étions un peu plus matures, et je pardonne aujourd’hui tous ces jeunes du collège qui avaient besoin de juger pour exister eux-aussi … j’espère qu’ils n’ont désormais plus besoin de le faire et que leur chemin de vie leur aura permis de gagner en maturité et en accomplissement personnel.

Suis-je une fille ?

Le passage au lycée a été un véritable soulagement : le Lycée Camille Claudel de Vauréal était fait pour moi ! Des élèves aux multiples styles vestimentaires, des grands, des petits, des cheveux rasés, des crètes, des babacool, des rockeurs, des gothiques, des kawaii … des personnes de toutes origines, de toutes religions, de tous milieux. Nous pouvions enfin commencer à devenir nous-même, quel bonheur … Seulement, j’étais encore trop marquée par les douloureux souvenirs du collège, et les premiers mois en tant que lycéenne n’ont pas été très joyeux … je me mettais en retrait dans ma classe. Dans les couloirs, dans la cour de récréation, à la cantine … ma confiance en moi était totalement anéantie au point de me rejeter moi-même. Comment m’intégrer dans un groupe et prendre la parole alors que jusqu’ici, on me prenait pour la « juive vénéneuse » qu’il ne fallait pas approcher ?

De plus, (et je ne le savais pas encore), mon Syndrome des ovaires polykystiques [SOPK] et mon endométriose, avec le chamboulement hormonal qui va avec, commençaient à se faire ressentir dans mon corps. A l’intérieur d’abord, l’apparition des règles TRES douloureuses jusqu’au malaise vagal à répétition m’a conduit à des visites à l’infirmerie sans être prise au sérieux mais plutôt pour une douillette. A l’extérieur ensuite : trop d’hormones masculines, une forte pilosité laissait apparaître de la barbe en plus de mon acné déjà présente …. Je vous laisse imaginer à quel point la féminité est altérée : devoir se raser comme un homme chaque matin n’est vraiment pas une partie de plaisir (et en prime, cela me rajoute des boutons d’irritation …) ! J’ai même essayé la cire : une torture … Quant au laser, il faudrait que je gagne au loto …) J’avais tendance à toujours cacher la partie basse de mon visage avec des cols roulés, ou tout simplement mes mains lorsqu’on me prenait en photo … D’ailleurs, depuis l’apparition de la Covid, porter un masque est plutôt quelque chose qui m’arrange !

Dans une période dite de construction, de transition entre l’enfant et l’adulte, l’adolescente que j’étais ne se voyait pas devenir femme. Son corps physique restait adolescent d’un côté avec cette acné, et se voulait masculin de l’autre avec cette pilosité. Sa petite poitrine qui ne prenait pas de volume ressemblait toujours à celle d’une petite fille de 12 ans.

Encore aujourd’hui, les enfants dont je m’occupe en atelier me demandent d’un air curieux pourquoi j’ai des boutons … je leur répond toujours en souriant que c’est parce que j’ai mangé trop de chocolat ! Ils pensent souvent que je me suis simplement fait mal ou piquée par des moustiques … A leur âge, leur expliquer le dysfonctionnement des hormones est encore trop complexe, d’autant plus que l’acné adulte n’est pas forcément due à une mauvaise alimentation … la mienne est plutôt équilibrée d’ailleurs ! Mais ce sont des enfants : j’aime par dessus tout leur spontanéité, leurs questions directes … et surtout leurs réponses à tout lorsqu’ils me disent : « ben, faut manger des fruits et légumes alors ! »

Un midi, à la cantine, me voyant manger seule à une table de 6 personnes, 4 camarades de classe m’ont invité à les rejoindre. L’une a dit : « il ne faut pas rester seule, viens avec nous …. » Ce fût le début de la délivrance et de ma propre acceptation, même si celle-ci n’est pas encore terminée à 100 %. Je vous en parlerais dans les prochains chapitres.

Aujourd’hui, cette amie est la seule avec qui je suis restée en contact jusqu’à maintenant, après 16 ans ! Petit coucou à toi aussi si tu me lis <3

Mon BAC en STI (Sciences et Techniques de l’Ingénieur) spécialité Arts Appliqués avec Mention « Assez bien » a été ma récompense suite à ces trois belles et intensives années. J’étais dans mon élément même si j’ai énormément travaillé pour aller jusqu’au bout : pouvoir dessiner toute la journée, un rêve possible ! Et dire que j’étais sur liste d’attente en fin de collège et que peut-être je n’aurais jamais pu entrer dans cette filière tant demandée …. La chance me souriait. Mais la suite n’allait pas être un long fleuve tranquille pour autant ….

Dis moi en commentaire comment était ton adolescence ? Comment l’as-tu vécu ?

La suite au chapitre 3 ! Si tu ne veux rien rater de la suite de l’histoire, inscris-toi à la newsletter pour être averti lorsqu’un nouvel article de BLOG sera publié :

 


2 commentaires

chauvin · 25 novembre 2021 à 10 h 49 min

Mon adolescence a été un calvaire pour moi, de la 5ème à la seconde – j’ai eu droit à tous les noms que l’on peut donner à une ado ronde et la plus grande de la classe (à l’époque !!!)…. C’est pour cela que les études m’ont plutôt dégoûtée de l’effort – j’allais en cours à reculons – mais je ne regrette en rien mon parcours…

    tropgnons · 25 novembre 2021 à 21 h 16 min

    Cette période est, comme tu dis, souvent blessante … 🙁 mais cela nous permet de nous endurcir !

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